Bethlehem : Arab Educational Institute

Bethlehem : Arab Educational Institute est partenaire de Pax Christi International

Rencontre avec Toine Van Teeffelen et trois de ses collaboratrices palestiniennes

Nous sommes un mouvement pour la paix et un mouvement d’éducation, même si ce n’est pas de l’éducation formelle.

Le mur (à côté de nos bureaux) a été construit en encerclant un lieu saint, la Tombe de Rachel, qui n’est pas seulement saint pour les juifs. Cette tombe était déjà précédemment en zone C (sous contrôle israélien en Cisjordanie) mais maintenant elle est carrément en Israël. Ca a été un choc pour les palestiniens, dépossédés d’un lieu important. Le choc a aussi été fort à cause de la construction même du mur, qui s’est faite en un jour et a parfois séparé des groupes en deux.

Bethlehem a deux côtés maintenant.

Puisqu’on ne peut pas lutter physiquement contre le mur, il faut trouver d’autres moyens, plus créatifs. Bethlehem est un endroit où beaucoup de visiteurs et journalistes viennent, particulièrement à la période de Noël. Des opportunités existent donc de faire une sorte de « publicité » autour du mur. Exemples : conférences vidéo, théâtre, dessins et graffitis, etc.

C’est important pour les gens de garder une connexion avec leur terre, de résister en gardant le contact avec elle. Le nom de notre projet est « sumud », qui signifie « espoir, résistance ».

L’objectif de AEI est que les gens restent à Bethlehem, dans leur maison, malgré le mur. Et pour cela, nous organisons des activités de type culturel autour du mur.

Puisque les femmes connaissent beaucoup de choses sur la culture, la religion, les traditions, l’idée a été d’utiliser ce « trésor » en relation avec le mur : en chantant, faisant des actions symboliques telles que des étoiles humaines, une horloge pour les 60 ans de la Nakbah, etc.

L’étape suivante est de mettre en évidence des expériences vécues à travers des histoires que les gens racontent. Cela touche fort les gens car cela crée une combinaison et des liens entre culture vécue et culture traditionnelle.

Un exemple d’activités du centre est le festival se tenant la semaine prochaine où différents groupes de musique, des clowns et autres artistes se produiront à l’intérieur du bâtiment et sur la terrasse d’où on surplombe le mur.

Ce mur change complètement les habitudes des gens : Jérusalem est interdite d’accès, des familles sont séparées, des églises sont séparées, etc.

Les palestiniens sont vus à l’étranger comme des terroristes, tueurs d’enfants. C’est absurde ! Un jour, une petite fille israélienne s’était perdue hors de la colonie où elle vivait et c’est un jeune palestinien qui l’a aidée. La semaine d’après, ce jeune palestinien a été attaqué en sortant de chez lui et blessé par des israéliens. Ce n’est pas juste.

Il va y avoir un grave problème de transmission à la prochaine génération, car les enfants ne voient pas les choses comme les personnes de 40-45 ans. Comment ne pas transmettre haine et ressenti négatif ? Il faut lutter contre cela.

Voir vidéo sur www.aei.org

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